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Dark-Goth-Opéra-Techno-Gothenburg-Death-Power-Médiéval-Accompagné-De-Passes-À-La-Final-Fantasy Metal, est-ce le genre approprié pour l'étiquetage d'une oeuvre aussi complexe que le premier véritable album de Howling Syn, Forebearers Of Dusk? Bien sûr, une réponse positive pourrait sembler intéressante, si du moins l'idée d'une description englobant l'idée générale du disque est à votre agenda... essayez seulement par contre d'imaginer la tête d'un concepteur de catalogue de disques devant un résumé pareil!!! Rien de très rassurant pour des types pris au piège avec des questions de temps (ça prendrait du temps, énoncer tout ça au téléphone) et d'espace (habituellement, les catalogues ont peu d'espace à réserver aux catégories)!
D'accord, puisque nous sommes devant un problème de semblable nature, pourquoi ne pas le régler tout de suite? Je déclare donc Forebearers Of Dusk élément fondateur d'un nouveau genre musical à introduire au sein de la multitude déjà existante, le Storytelling Metal! Quoi? Comment ça j'exagère? Allez donc au Diable, chialeux!
*Solo de drums*
Toujours là? Bon, alors, laissez-moi me perdre dans mes fantaisies personnelles sans rechigner, d'accord? Parfait.
Avant de poursuivre toutefois, voici un petit rappel extrêmement résumé de la naissance et de l'apparition de Howling Syn sur la scène musicale :
Il y a très, très longtemps de cela, dans une contrée que nul ne connaît plus désormais, existait un Colosse aussi légendaire pour sa force considérable que pour l'humeur radieuse qu'il dégageait tout alentour de lui. Malheureusement, tout aussi bien intentionné et amical qu'il fût, le dit Colosse avait un défaut : son imagination. Débordante, constamment exaltée par la moindre des découvertes, par le plus petit des détails inattendus, celle-ci n'avait de cesse d'attirer ce personnage adoré par tous dans une foule de rêveries fortement anti-productives.
Aussi, quand bien même il pouvait accomplir la besogne de dix hommes dans une même journée, ce cher Colosse ne comblait rarement que celle d'un homme, deux si ses compagnons de travail avaient été particulièrement autoritaires à son égard. On le pardonnait toutefois aisément, surtout les soirs de fête où il entretenait le village de ses histoires, à la fois narrées et chantées, aussi incroyables que magiques.
Vint évidemment le jour où, ne pouvant plus supporter de voir ses rêveries s'égarer en projets inaccomplis, le Colosse décida de partir pour l'aventure. Armé des seuls objets de valeur qu'il eût jamais possédé, son luth et sa voix, l'homme qui devint légende entama son parcours sur la longue route du mystère et de l'inconnu.
Nul ne sait quoi que ce soit toutefois sur ce qu'il advint de lui pendant cette période. Certains conteurs prétendent qu'il rencontra plusieurs troupes musicales, une poignée de troubadours plus ou moins connus, ainsi que quelques autres légendes en devenir. Quoiqu'il en soit, son histoire ne débuta vraiment - aux yeux des chroniqueurs de son monde - que lorsque qu'advint à ses côtés la détentrice d'une des plus gracieuses voix du royaume, une certaine Sophie selon quelques-uns, Sophia selon d'autres. Quel que fût son prénom véritable par contre, l'on sait que cette enchanteresse entendue et récompensée, pour ses poésies chantées à la cour royale, lia librement son destin à celui du Colosse, peu de temps avant un certain Éric, talentueux parolier et aspirant-tambour.
Les choses auraient pu en rester là, le trio oeuvrant dans le certes joyeux mais aussi plutôt complet anonymat, ne fusse été de l'attraction mystérieuse qu'opéra une figure marquante de cette époque, le fabuleux sorcier Empetrâ, célèbre créateur des Orbes de Diffusion Musicale Instantanée. Les prenant sous son aile, le sorcier transforma le Colosse et ses compagnons en légendes instantanées. Ce fût grâce à lui et à son invention que les oeuvres naissantes du trio, bien qu'incomplètes, purent désormais être retransmises partout à travers le royaume, au grand bohneur de toutes les bonnes gens rassemblés au Crépuscule au centre de leur village, là où était disposée à cet effet une des nombreuses Orbes de Diffusion Musicale Instantanée.
Vous connaissez la suite : Lune Noire, Les Sorcières d'Avalon, La Reine-Loup et Péchés Hurlants intégrèrent le folklore des chansons et récits du royaume, ancrant leurs créateurs au sein des futurs mythes de la contrée.
Les Ancêtres du Crépuscule, récit chanté et acclamé à travers les âges, les consacra à tout jamais dans la Légende.
Bon, voilà une bien belle histoire que tout cela, mais passons maintenant aux choses sérieuses. Comment interpréter, après tous ces millénaires, les résultats passionnés et passionnants de ce trio de légendaires troubadours devenus simples citoyens du Québec au moyen d'une machine temporelle? Comment? Je délire? Peut-être, mais c'est moi qui mène cette critique!
*Silence*
Enfin, qu'à cela ne tienne, même dans notre monde parsemé de critiques négatives, d'insatisfactions et de rejet d'autrui, les Pêcheurs Hurlants (Traduction débile de "Howling Synners") parviennent malgré tout à partager avec nous toute la joyeuse frénésie de leur vaste imaginaire. Patryk Pigeon, l'homme derrière l'entièreté de la composition musicale de Forebearers Of Dusk, se livre à l'auditeur comme un livre ouvert, dans lequel on peut lire l'incroyable multitude de ses influences (Gothic, Power, Death, Opéra Métal et plus encore, sans oublier ces incroyables morceaux à la Final Fantasy et compagnie, sur console vidéo), lesquelles le musicien n'a de cesse de manier et remanier vers autant de voies classiques que de chemins détournés.
Mais revenons-en à mon histoire de Storytelling Metal. Est-ce à dire que Howling Syn oeuvre dans les sentiers battus des Rhapsody et émules, lesquels s'évertuent à conter et raconter les périples de glorieux héros à la rencontre des forces des Ténèbres? En théorie. Car en pratique, musique et paroles échappent largement à ce spectre comparatif des plus agaçants. Il me faut d'ailleurs avouer que l'idée de rapprocher le style d'Howling Syn à celui d'autres groupes m'est tentante, mais je ne pourrais tout simplement pas y arriver. Certes, l'on entend Therion quelque peu par ici, Theatre Of Tragedy par là, un peu de folklore médiéval à droite... et alors? Howling Syn se compare à tout et ne ressemble à rien, tout simplement. Ses récits ne se conforment pas à la tradition de la triomphante victoire du Bien sur le Mal, préférant opter plutôt pour le point de vue des Ténèbres, assez particulier celui-ci d'ailleurs. Tantôt remplies de venin et de haine, tantôt de mélancolie et d'espoir, les Forces de l'Obscurité chantées par Howling Syn ressemblent plus à des êtres opprimés se préparant à la Révolution plutôt qu'à des mégalomanes aveuglés par une vaine quête de gloire et la puissance.
Et ce récit des Ténèbres souffrantes n'a heureusement pas besoin de chants tapissant d'un mur à l'autre les 14 compositions de l'album. Excitante, entraînante même sans l'usage de vocalises, la pièce-titre Forebearers Of Dusk nous introduit aux désirs des protagonistes sans nécessiter ne serait-ce qu'une seule parole. La surprenante combinaison flûte-claviers-guitare qui forme la caractéristique principale de cette composition réussi même à survivre aux différents changements de rythmes (rapide à moyen et vice-versa) sans jamais cesser d'étonner.
L'énergie dégagée par cette pièce retombe toutefois de beaucoup quelques instants après l'entrée en scène de Bloody Blossom, qui laissait pourtant présager une chanson rapide étant donné un départ agressif. N'en reste pas moins que celle-ci constitue une pièce de qualité côté Gothic Métal, avec des duos certes un peu exagérés côtés hautes-fréquences (mais que sais-je, vraiment, je n'ai pas l'oreille musicale), mais au ton et rythme musical donnant une impression de marche vers l'aventure.
Aventure que n'introduit que partiellement Years Without Light, nous rattachant du coup au monde de l'enfance par l'utilisation côté claviers de sonorités aïgues s'y rapportant. On sent toutefois le rythme de l'album s'installer peu à peu, alors que les envolées de la guitare électrique se font de plus en plus présentes, secondées par une utilisation tout-à-fait efficace des vocaux Death de Patryk. Ceux-ci et ceux de Sophie deviennent à ce sujet de plus en plus Storytelling-esques, nous rapprochant de cette impression que l'on s'efforce de nous raconter une histoire, un récit.
As The Forest Speaks To Me poursuit un peu dans la même veine, pour littéralement exploser lors de la deuxième partie, nous livrant des duos vocaux de Sophie et Patryk tout simplement sublimes.
Ce n'est toutefois que sur Black Moon que, selon moi, le génie de Howling Syn se livre véritablement à nous. Évidemment, je suis biaisé. Force m'est d'admettre que j'ai adorée cette composition depuis le tout début du groupe, alors qu'elle n'était disponible que sur Mp3.com. À travers ces quelques années depuis sa sortie sur le web, son rythme est demeuré tout simplement parfait, même si la structure générale et certains instruments rappellent toujours un techno-pop moins apprécié de certains. Pièce unique dans son genre sur l'album, Black Moon a recourt à des vocalises très over-the-top, mais pourtant fort agréables en ce qui me concerne. Son jeu de guitare est carrément incroyable, entraînant indéniablement le sentiment de narration qui en découle vers des niveaux d'efficacité juste à point, sinon finalisés par la géniale et précise utilisation de hurlements de loups.
Biaisé je le suis et je le demeurerai, mais cette pièce m'accroche, autant que Lycanthropy de Six Feet Under l'a fait autrefois, d'une autre façon cependant. Je dois avoir un faible pour les loups. Long live the WolfKing!
N'empêche que Night Charmers, la pièce suivante, nous décoche un de ces rythmes à-la-Therion aussi puissant qu'enjoué, porté à merveille par la combinaison des sublimes vocalises de Sophia et de l'excellente voix Death de Patryk. Sur cette pièce, tout entraîne à la danse, à la frénésie, à l'excitation, sans pourtant verser dans les solos à cent mille dollars et les reprises de thèmes musicaux à n'en plus finir. Night Charmers dure un parfait 3:12, se concluant sur une agréable mini-narration.
Vampyra's Symphony ne lâche toutefois pas prise en débutant par une incroyable reprise d'un thème classique, aussitôt accompagnée des toujours aussi excellentes vocalises Death de Patryk. La voie d'Opéra de Sophie, bien maîtrisée, contribue à énergiser le rythme théoriquement moyen de la composition, mais en pratique très électrique par sa combinaison à une guitare menée de main de maître. Black Moon, Night Charmers et Vampyrya's Symphony forment, selon moi, le meilleur bloc de cet album, admirable conclusion des récits de Dark Tales Of Rage And Romance.
Les choses se gâtent en ce qui me concerne à l'arrivée de The War Of Avalon dans le paysage musical. Oh, pas que Of Pagan And Fairy Tales, Witches Of Avalon, Dark Chivalry et Medieval Years soient mauvaises en soit, mais chacune de celles-ci m'a personnellement apporté moins de joie que le reste de l'album, pour différentes raisons. Le thème peut-être (Le mythe des chevaliers de la table ronde, vu surtout du point de vue de Mordred et Morgane La Fée), le ralentissement du rythme, la narration kitsch (la voix deu goblin... arg!), l'utilisation de vocaux un peu étranges, tirés par les cheveux, les compositions un peu longues... n'en reste que celles-ci valent la peine d'être écoutées, surtout pour les incroyables passes à la Final Fantasy qui les parsèment ici et là, jamais trop longtemps, mais toujours avec un plaisir vif et certain.
Forebearers Of Dusk (l'album) ne se conclue toutefois pas sur cette note, laissant plutôt à Emperors Of Tomorrow le soin de lui donner un ton à la "Marche vers le Soleil Couchant" au rythme fort agréable, secondé de guitares parfaites. Éric Massicotte, de Decayed Remains, prête sa voix à la pièce sans jamais regarder en arrière, ce qui permet à la chanson de conserver un rythme vivant, stimulant.
L'album aurait d'ailleurs pu se terminer ainsi et personne n'aurait rechigné. Qu'à cela ne tienne, l'imaginaire débordant de Patryk n'a pu se résigner à couper aussi brusquement son récit. Merveilleuse balade enchantée constituée de claviers pseudo-médiévaux, de guitares juste à point et de vocalises (surtout de la part de Sophie, qui démontre toute la magnificence de son talent) parfaites, Sand Dragons représente la véritable conclusion de cet album. C'est probablement sur des airs semblables que j'aurais aimé que les pièces de The War Of Avalon se déroulent, avec un peu plus de vitesse bien sûr.
Vous êtes toujours là? Eh bien, imaginez-vous que vous pourriez l'être pour très longtemps encore si je me décidais à vous raconter tout ce que je peux sur cet album. À votre grand soulagement cependant, je n'ai pas envie de m'étendre davantage. Voici donc ma conclusion : fanatiques de récits fantastiques et de mélodies enchanteresses, mettez la main sur Forebearers Of Dusk sans attendre, à moins que vous ne préféreriez subir l'Assombrissement du Monde (Dark Tales Of Rage And Romance) sans d'abord avoir pu en entendre les somptueux échos.
Vous aurez été prévenus.
| Chanson |
Chapitre |
Durée |
Note |
| Forebearers Of Dusk |
Dark Tales Of Rage And Romance |
5:41 |
8,5 |
| Bloody Blossom |
Dark Tales Of Rage And Romance |
3:35 |
7,5 |
| Years Without Light |
Dark Tales Of Rage And Romance |
5:17 |
8 |
| As The Forest Speaks To Me |
Dark Tales Of Rage And Romance |
4:43 |
8 |
| Black Moon |
Dark Tales Of Rage And Romance |
4:13 |
10 |
| Night Charmers |
Dark Tales Of Rage And Romance |
3:12 |
9,5 |
| Vampyra's Symphony |
Dark Tales Of Rage And Romance |
3:18 |
9,5 |
| Of Pagan And Fairy Tales |
The War Of Avalon |
5:02 |
7 |
| Witches Of Avalon |
The War Of Avalon |
3:49 |
6 |
| The Reign Of Evil |
The War Of Avalon |
4:33 |
6,5 |
| Dark Chivalry |
The War Of Avalon |
5:25 |
7 |
| Medieval Years |
The War Of Avalon |
4:26 |
6,5 |
| Emperor Of Tomorrow |
Epilogue |
4:14 |
9 |
| Sand Dragons |
Epilogue (*Bonus Track*) |
3:49 |
10 |
| Total : |
61:29 |
8 |
P.S. : La formation actuelle de Howling Syn compte Patryk Pigeon (Voix/Bass), Sophie LeMay (Voix), Éric Mireault (Batterie) et Gilbert Riendeau (Guitares)
P.P.S. : L'Historique de Howling Syn placé un peu après le début de la critique est une pure fiction, très légèrement inspirée de la réalité. En espérant que les Howling Synners vont bien vouloir pardonner mon impertinence... :-D
par Empereur Ghoule
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