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Premier véritable album de la formation québécoise, «Forebearers of dusk» est en fait un condensé de la pléiade de démos parus depuis deux ans sous la bannière Howling Syn. Ces vieilles pièces ont été réenregistrées et le groupe y a ajouté d'autres extraits auparavant inédits. Pataugeant dans une panoplie de styles tels le gothique, le power/prog, le doom et la musique médiévale, la formation marie le tout à travers un fil conducteur conceptuel et théâtral. Malgré la foule de références citées, Howling Syn est loin de s'avérer être un vulgaire groupe fourre-tout. Sans réinventer la roue, on a droit à une fusion des styles frôlant la perfection. Je vais être honnête ici, l'œuvre qui nous est servie par la troupe de Patryk Pigeon est dotée d'une crédibilité à toute épreuve. De loin la meilleure offrande du style à jamais être publiée par un groupe canadien; directement dans la cours des grands avec un potentiel de séduction se comparant avantageusement aux Nightwish, Theatre of Tragedy, Therion, Moonspell et Evergrey de ce monde.
Basé autour de deux concepts, l'un à la sauce goth-vampiresque, l'autre de saveur médiévale mettant en vedette les chevaliers de la Table Ronde, «Forebearers of dusk» est un album qui captive instantanément l'imagination. Personnellement, j'ai été conquis dès les premières notes de l'intro, dès que le CD a fait son premier séjour dans la platine de mon stéréo. Les compositions sont à la fois directes et subtiles. Directes car on peut facilement retenir les mélodies principales de la quasi-totalité des chansons. Subtile, également, car il est impossible de se contenter de seulement deux ou trois écoutes pour savourer l'opus. Bien qu'il y ait présence importante de vocaux féminins, ce sont les voix masculines qui se taillent la part du lion. Patryk Pigeon utilise un savoureux mélange de vocaux à tendance gothique, la plupart du temps similaires à un croisement entre ceux de Peter Murphy (Bauhaus) et ceux de Ivan Colin (Men Without Hats). Ceux qui ne sont pas familiers avec ces deux chanteurs, sachez qu'ils font partie de la crème du style. Loin de se contenter d'évoluer uniquement sur le pilote automatique, Pigeon, ajoute à la sauce de nombreuses variantes, parfois soupirées, parfois situées à la frontière du chant death. De son coté, Sophie LeMay ajoute la touche nécessaire pour créer une atmosphère romantique.
La production, de qualité supérieure, est une autre facette de l'album qui m'a complètement sidérée. Le son est puissant et tous les instruments et vocaux se retrouvent, en même temps, sur le siège du conducteur : une basse claquante, des claviers fluides et des guitares tranchantes! L'exploit est de taille car l'œuvre est chargée en contenu. Au niveau strictement technique, tout est parfait. Mais attendez… je rêve! C'est le même type (Patryk Pigeon) qui a signé la production, les parties de guitare et de basse ainsi que la programmation et les vocaux principaux!
Malgré tout le talent et la virtuosité déployés, il y a bel et bien une facette négative présente sur ce premier album complet d'Howling Syn. La pochette (elle aussi gracieuseté de Patryk Pigeon!) est hideuse. Elle ne reflète pas du tout la qualité de la musique. On dirait plutôt un «screenshot» d'un vieux jeu de style shooting game. Personnellement je m'en balance, mais personne ne peut nier l'importance d'un visuel de qualité si l'on veut attirer l'attention sur notre produit. Surtout que ce produit mérite pleinement qu'on s'y attarde…
Bref, «Forebearers of dusk» s'avère être une véritable révélation. Si on aime les styles gothique et power/prog métal, le coup de foudre est garanti. La formation québécoise ne fait pas seulement que nous démontrer du potentiel ; elle nous offre un produit fini de qualité supérieure, qui mérite pleinement la poignée de dollars que son achat nécessite. De plus, ne manquez pas Howling Syn à la soirée de clôture du Weekend extrême au Café Chaos le 2 juin [2002] prochain. Qui plus est, le spectacle est gratuit!!!!
par DSL no DOG
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